Jackie’s day nine

Après une bonne nuit sans histoires, nous mettons le cap sur Olympie, la ville des jeux antiques. Encore une fois le GPS, combiné à ce qui semble être une tradition grecque de ne pas indiquer clairement les accès aux sites prisés, nous envoie en balade autour de celui-ci et nous débouchons, à notre grande surprise, sur ce qui semble être le milieu du parc; en tous cas, le nombre de touristes ahuris se baladant le nez en l’air au milieu de la route nous incite à rebrousser chemin et nous taper une autre vingtaine de minutes pour retourner dans la cité moderne. Nous avons finalement trouvé un parking mais je ne pense toujours pas que c’était l’entrée: tous les panneaux explicatifs sur le site étaient à l’envers de nous, à l’opposé du “bâtiment” que nous regardions.

Nous avons commencé par le musée, riche de toutes sortes de céramiques et de bronzes, chaudrons fondus ou frappés, pièces d’armure et frontons en terre cuite. Tout un zoo miniature de chevaux, vaches et autres animaux informes est exposé sur six étagères; il ne manque que quelques enfants pour leur donner vie. On y trouve des têtes féminines ailées ainsi que des têtes d’aigle ou de griffon au bec béant ayant décoré des pots en bronze dont les pieds ciselés se retrouvent plus loin. Une plaque de bronze martelé montre Oreste tuant Clytemnestre alors qu’Egisthe s’enfuit. Plus loin, une série de sylènes priapiques en bronze se pavanent les mains sur les hanches, la bite en avant. Il y a aussi une grande collection de statues monumentales dont certaines sont en terre cuite, d’autres en bronze, la plupart en marbre. Zeus souriant, portant Ganymède sous son bras droit, semble narguer les tenantes de “me too”. Une statue de Nike reconstituée offre l’étrange vision d’une tête sans visage flottant au dessus d’un corps manchot dont la jambe droite est prise dans un tissu déchiré flottant dans un vent inexistant. J’ai aussi pu admirer le corps galbé d’un athlète décapité, vêtu en tout et pour tout de jambières et d’une cape sur l’épaule gauche, son petit zob pointant devant lui confirmant que oui, les participants des jeux antiques concourraient nus. Un magnifique marbre représente Hermès regardant tendrement Dyonisos enfant posé sur son bras gauche. Le bébé est tendu vers une grappe de raisin, aujourd’hui disparue, que le dieu porte au bout de son bras droit tendu vers le ciel. Il y a même des flacons en verre exposés (tu savais que le verre est apparu il y a 5,000 ans?!). Autour de la maquette du site, on a attendu une américaine demander à son guide: “mais, où couraient-ils le marathon?” Y en a des, j’te jure!

Après le musée, on est allé sur le site même qui est aussi immense que confus: des tas de grosses pierres taillées, parfois carrées, parfois en forme de disque, et des colonnes. On aurait volontiers loué les services d’un.e guide mais malheureusement, et contrairement à d’autres sites archéologiques, on n’en a pas trouvé: sans doute étaient-ils tous occupés avec les milliers de débarqués des villes flottantes arrimées au port de Katakolo. Toujours est-il que nous avons erré pendant une heure ou deux dans ce site, à l’envers du sens de la visite et sans saisir tous les détails de ce qui nous entourait. J’ai été frappée par les restes du temple dédié à Zeus: toutes ces immenses colonnes en morceaux à terre invoquent, dans mon esprit, un bébé dieu donnant une chiquenaude dans un tas de plots en bois.

Après avoir usé nos semelles parmi les pierres antiques, nous nous sommes offerts un café frappé glacé bien mérité puis nous avons visité le musée dédié à Archimède, un petit lieu créé par un fana du génie antique et qui a recréé ses inventions et illustré ses théorèmes. Honnêtement, après 4 heures de visites, les explications accompagnant les bidules exposés me sont passées loin au dessus de la tête: on n’a plus vingt ans… Mais on a acheté des livres concoctés par le fondateur du musée: je les lirai à tête reposée.

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