Jackie’s day ten

Après la longue journée à Olympie, nous avons opté pour un camping à 800 mètres tenu par une femme grecque à la forte personnalité et sa mère francophone. On a bu un coup à sa taverna tout en discutant le bout de gras avec un couple de néerlandais bien sympathique. Et on est repartis le lendemain un peu tard pour aller un peu au nord mais sans but bien fixe, histoire de faire une pause dans les longues visites. On a traversé la ville de Pyrgos qui ne s’est pas encore remise de la crise: beaucoup de vitrines barricadées et beaucoup de postes de police. Puis, on a bifurqué vers la mer histoire de voir de quoi elle a l’air à Katakolon, le port d’où viennent les hordes d’américains en goguette. Celui-ci est situé dans la baie sud d’une pointe de terre et la route continue au-delà pour se perdre dans la nature.

C’est là que nous avons décidé de déjeuner de notre désormais traditionnelle salade rurale dont les ingrédients se transforment au fur et à mesure de nos achats au bord de la route. Aujourd’hui, je découvre que les mini darnes de poisson salé ne se marient pas avec les autres composantes de la salade: on ne réussit pas à tous les coups. Alors que nous mangions, un troupeau de moutons a descendu en bêlant le chemin au bord duquel nous nous étions arrêtés, seuls si je puis dire, sans berger ni chien. Motoo s’est empressé de les filmer, bien sûr. Curieusement, il y avait une chèvre parmi ces brebis. Et puis, après le café et alors que nous somnolions dans un silence absolu, un bruit épouvantable nous a assailli depuis le ciel: des avions de chasse se sont pris à faire du rase-mottes au dessus de nos têtes. Tu parles d’un réveil douloureux! Même les oiseaux se sont mis à piailler entre eux quand le calme est revenu.

Nous avons quitté ce paradis perdu en zigzagant sur des chemins de terre et de pierres, ceints des deux côtés d’inévitables oliviers et de pâtures fraîchement fauchées, au son d’une radio passant des mixes XXIème siècle de groupes éclectiques des 60’s et 80’s, autour d’un fil rouge funk. Un contraste étonnant entre le son et la vue mais très agréable. Le chemin est devenu de plus en plus cahoteux, de plus en plus buissonneux, avec de loin en loin des morceaux de bandes plastifiées accrochés aux branches en bordure. Pourquoi? C’est un mystère. Puis, petit à petit, des habitations cossues sont apparues, le chemin s’est fait plus plat, plus apprivoisé, les gros buissons fleuris rouges, roses et blancs ont réapparu et nous sommes retournés sur du goudron.

Nous avons alors visé le port suivant, sur la pointe suivante: Arkoudi qui surplombe une grande plage de sable fin. Mais décidément le temps n’est pas avec nous et la mer reste glacée. On s’est toutefois promené jusque vers les rochers là-bas au bout: qu’il est désolant de voir la quantité de détritus sur ce qui pourrait facilement être un magnifique endroit. En revenant, j’ai ramassé un verre et une bouteille en plastique pour les jeter dans la première poubelle venue; il n’y a pas de poubelle! J’ai fini par les laisser sur le comptoir du bar de la plage me disant que ces déchets provenaient sans doute de là. Le constat est déprimant: où qu’on aille, les gens laissent leurs détritus, les touristes comme les indigènes. Pourtant, il y a des containers et ils sont utilisés. Ils sont malheureusement rarement vidés et la merde des gens déborde et est emportée par le vent pour être déposée n’importe où.

Nous avons décidé de camper dans les parages et avons fini dans un camping de luxe. Je ne savais pas que ça existait: il y a une grande piscine, des douches avec un lavabo et miroir dans chaque cabine et une taverne avec une véranda vitrée non loin de laquelle nous nous sommes posés. Hélas. Car il est 22:45 et ça fait plus d’une heure qu’il y a de la musique grecque pour allemands (boum tchak boum sur une mélodie de bouzouki) qui m’empêche de même caresser l’idée de dormir. Et bien sûr, Motoo ronfle… Enfin, au moins, j’ai les cheveux propres.

Voyager en camping-car est une expérience intéressante: il y a une sorte de solidarité distante entre les camping-careux qui se manifeste par un signe de la main (Motoo appelle ça le signe secret) quand on se croise, voire un V de la victoire car oui, on est des winners; en même temps, on fait semblant d’être seuls quand on est garé, histoire de préserver et respecter l’intimité de chacun.

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